AUTOPORTRAIT EN CHEVREUIL, Victor Pouchet, Éditions Finitude

Derrière une couverture audacieuse et un titre étonnant dont il ne faut rien dévoiler tout de suite, se cache le deuxième roman de Victor Pouchet fidèlement paru aux éditions Finitude. Oser le deuxième roman est une étape souvent redoutée dans la vie d’un jeune écrivain. Le pari est ici relevé et le talent confirmé !

Comme l’explique Victor Pouchet, ce roman est né d’une rencontre réelle et fortuite avec un homme étrange, un magnétiseur cherchant à capter des forces et des présences invisibles… C’est à partir de cet homme que Victor Pouchet a imaginé et construit une histoire, celle d’Elias, le fils du magnétiseur.

Victor Pouchet consacre la première partie de son livre à Elias. Devenu adulte, il raconte les souvenirs d’une enfance malmenée par les obsessions et les croyances démentes de son père mais aussi l’innocence de ses jeunes années. Elias est émouvant, intelligent, surprenant, maladroit, attachant, drôle, solitaire. Il est souvent insaisissable, difficile à suivre, à aimer parfois et pourtant Avril est séduite par ce bibliothécaire lunaire, secret, un peu bancal.

Elias aime Avril. Elle est une jeune femme solaire qui veut préférer la voie de la légèreté face aux aléas et aux bouleversements de la vie. Victor Pouchet lui consacre la deuxième partie de son roman où, sous forme de journal intime, Avril raconte ses amis, sa rencontre avec Elias, leur amour, les silences, les évidences, les incompréhensions. C’est le regard de l’autre sur le couple, sa perception de leur amour, ce sont des anecdotes qui font sourire, des questionnements profonds.

La troisième partie tient en quelques pages et donne la parole au père d’Elias, celui qui pense savoir, celui qui traque l’invisible, celui qui façonne et impose sa vision à ceux qui l’entourent, celui qui lèvera peut-être les silences.

Avec Autoportrait en chevreuil, Victor Pouchet saisit avec finesse les choix, les vies, les passés, les rencontres qui nous détruisent et nous construisent. Il écrit ce moment où sombrer ou s’émerveiller tient à un fil, un lieu, un mot, un silence, un amour. Son écriture vive, délicate et touchante laisse filtrer une tendre et drôle dérision qui illumine les existences les plus difficiles.

 

  • Autoportrait en chevreuil, Victor Pouchet, Éditions Finitude, Parution : Août 2020, 16.50€
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