Archives pour la catégorie Roman

Tous nos conseils de lecture en Roman de la Rentrée Littéraire mais aussi des coups de coeur tout au long de l’année. Romans indépendants, ayant eu un prix littéraire ou tout simplement nous ayant conquis !

Un monde à portée de main de Maylis de Kerangal aux éditions Verticales

 

Un très beau roman qui nous emmène dans les pas d’une jeune artiste peintre. D’ateliers en chantiers, de matières en couleurs, du trompe l’oeil à la restauration d’art, de l’Italie à la Russie, de Bruxelles à Paris, Paula apprend son métier, apprend les choix, apprend le temps qui passe, apprend la vie.

Au fil des pages, lentement, Paula découvre ce monde à portée de main et Maylis de Kerangal, elle, poursuit magistralement son chemin d’écrivain.

  • Un monde à portée de main, Maylis de Kerangal, Éditions Verticales, 20.00€
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A son image de Jérôme Ferrari aux Editions Actes Sud

 

Magnifique et puissant nouveau roman de Jérôme Ferrari.

Un histoire comme un hommage funèbre bouleversé et bouleversant à Antonia, jeune femme passionnée entre une Corse brûlante et extrême et une ex-Yougoslavie en guerre.

Un livre comme un requiem pour la photographie, de la photo de famille au reportage de guerre, et qui pose les délicates questions de l’instant saisi, du souvenir, de l’émotion suscitée, de la décence ou de l’indécence, de la conscience.

Des personnages, une écriture et une lecture qui restent longtemps en mémoire.

  • A son image, Jérôme Ferrari, Éditions Actes Sud, 19.00€
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Tenir jusqu’à l’aube de Carole Fives aux éditions Gallimard L’arbalète

Avec ce nouveau roman, Carole Fives dévoile la vie d’une mère célibataire prise dans l’engrenage de la société actuelle. Au delà de l’aspect sociétal, Tenir jusqu’à l’aube offre un portrait de femme écrit sans complaisance mais avec une simplicité déconcertante, une bienveillance touchante et une finesse maîtrisée. Carole Fives écrit l’amour d’une mère pour son enfant de 2 ans, elle écrit l’absence du père, elle écrit aussi le jugement hâtif des autres et le sentiment de culpabilité qu’il engendre. Au fil des pages, cette mère, cette femme, nous touche, nous émeut, nous faire rire aussi. A la fois si fragile et si forte, si perdue et si déterminée, elle laisse cette impression familière de celle qui pourrait être nous-même, une amie, une voisine. On a juste envie de lui dire qu’elle va y arriver, que l’on comprend son besoin d’échapper un instant à la bulle fusionnelle qu’elle forme avec l’enfant. On la suit avec angoisse et compréhension dans ses escapades risquées mais ô combien nécessaires pour tenir encore… Avec Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives signe un roman juste et fort, simple et complexe, et confirme, s’il est encore besoin, son talent à transcrire la voix des femmes. A lire, à offrir et pas seulement aux femmes justement…

  • Tenir jusqu’à l’aube, Carole Fives, Éditions Gallimard L’arbalète, 17.00€
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La Somme de nos folies de Shih-Li Kow aux Editions Zulma

Dans le flot des romans de cette rentrée littéraire, il en est un qui enchante. Il se laisse aisément remarquer sous sa couverture aux motifs géométriques éclatants qui souligne une fois encore l’élégante originalité des éditions Zulma. Ce roman se faufile, vous le suivez comme par magie et il vous emmène à Lubok Sayong, petite ville atypique au nord de Kuala Lumpur. Vous vous laissez porter par deux voix, celle de la jeune Mary Anne et celle du fidèle Auyong. Elles vous racontent des vies qui s’entremêlent, se croisent et se décroisent dans la Malaisie d’aujourd’hui, leurs deux vies mais aussi celles de Beevi, Marie Beth, Ismet, Sœur Tan et tant d’autres. Ces personnages extravagants, touchants et drôles offrent un tableau fantaisiste, délicieusement contemporain et profondément humain. Il y a du Big Fish dans ce premier roman très prometteur de Shih-Li Kow traduit par Frédéric Grellier. La Somme de nos folies est son titre et il ne pouvait être mieux choisi pour ce livre qui illuminera votre rentrée.

  • La Somme de nos folies, Shih-Li Kow, Éditions Zulma, 21.50€
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« L’Hiver du mécontentement » de Thomas B. Reverdy aux éditions Flammarion

Fin de l’année 78, Candice est une jeune actrice londonienne s’apprêtant à monter sur scène pour interpréter Richard III dans la pièce éponyme de Shakespeare. Au même moment, le pays s’embrase. Le chômage n’a jamais été aussi haut, le gouvernement travailliste aussi peu attentif à son peuple. Le mouvement Punk vit ses dernières heures.

Thomas B. Reverdy nous avait déjà conquis avec Les évaporés et Il était une ville. Il ne déroge pas à la règle avec ce nouveau roman L’Hiver du mécontentement. Un personnage principal attachant : une jeune femme forte, engagée et à la fois désabusée par le monde dans lequel elle vit. L’époque dépeinte en vient à devenir un personnage à part entière. Nous visitons Londres, le froid,  les grèves, la crasse qui s’en empare. Le tout est rythmé par les chapitres dont les titres sont tirés de musiques rock de cette époque parmi lesquelles : Pink Floyd, Sex Pistols, les Siouxies ou The Clash.

Un roman richement documenté entre théâtre, culture populaire anglaise et politique. Un petit bijou qui laisse à réfléchir et  fait écho à notre époque.

  • L’Hiver du mécontentement, Thomas B. Reverdy, Éditions Flammarion, 18€
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« La Papeterie Tsubaki » d’Ogawa Ito aux éditions Picquier

La papeterie tsubaki

La jeune Hatoko qu’on surnomme Poppo travaille à la Papeterie Tsubaki dans la ville balnéaire de Kamakura. Poppo propose des articles de papeterie dans sa boutique mais ce qui fait sa renommée c’est avant tout son travail d’écrivain public.

Elle écrit et calligraphie pour de nombreuses occasions : des lettres d’amour, de refus, de condoléances, des cartes de vœux… Au fur et à mesure des pages, les clients de Poppo forment une galerie de personnages atypiques et deviennent peu à peu l’entourage de l’écrivaine.

Ogawa Ito nous avait déjà conquis avec Le Restaurant de l’amour retrouvé (2014) et Le Jardin Arc-en-ciel paru l’année dernière chez Picquier également. Elle propose ici un livre sensible et tactile où l’on se plonge dans le papier, l’encre, les plumes et les stylos. Poppo est quant à elle un personnage passionné, empathique et inspirant tout simplement.

NB  : Les plus japanophiles pourront rapprocher La Papeterie Tsubaki du manga La Cantine de Minuit et sa myriade de personnages.

  • La Papeterie Tsubaki, Ogawa Ito, Éditions Picquier, 20€
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« Les Billes du Pachinko » d’Elisa Shua Dusapin aux éditions Zoé

Claire est franco-coréenne et retourne chaque été voir ses grands-parents au Japon. Ceux-ci ont quitté la Corée des années plus tôt alors que ce n’était qu’un seul et même pays.  Durant les mois de juillet-août, elle va vivre au dessus du Pachinko de son grand-père – établissement de machines à sous. Elle va enseigner le français à une jeune japonaise. Elle préparera aussi en parallèle un voyage censé être le grand retour en Corée de ses grands-parents. Mais la vie reste pleine de surprises…

Elisa Shua Dusapin signe ici son deuxième roman chez Zoé après Un Hiver à Sokcho. Tout en douceur, elle va montrer les difficultés dans les relations familiales, d’autant plus dans une famille aux cultures multiples. Un vent de fraîcheur, une respiration, un dépaysement tout en émotions… Bref, une réussite.

  • Les Billes du Pachinko, Elisa Shua Dusapin, Éditions Zoé, 15.50€
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« Trois fois la fin du monde » de Sophie Divry aux éditions Noir sur Blanc

Joseph Kamal n’aurait jamais imaginé un seul instant se retrouver en prison. Un braquage qui tourne mal – il en suffit d’un – et toute sa vie bascule, perdant en même temps son frère et sa liberté. Plongé dans l’enfer du milieu carcéral, un environnement sans pitié et d’une violence inouïe, le jeune homme courbe l’échine, encaisse les coups et se forge une vraie carapace. Les années seront longues, il le sait.

« Au bout d’un temps infini, le greffier dit que c’est bon, tout est en règle, que la fouille est terminée. Il ôte ses gants et les jette avec répugnance dans une corbeille. Je peux enfin cacher ma nudité. Mais je ne rhabille plus le même homme qu’une heure auparavant. » (p.18)

Pourtant une explosion nucléaire inexplicable survient, comme une providence : il s’échappe et trouve refuge dans la zone interdite. Si cet épisode permet à Joseph de retrouver sa liberté, il va devoir apprendre à se débrouiller seul dans le causse, à survivre. Persuadé que l’enfer c’est les autres, Joseph choisit de faire l’expérience de l’extrême solitude sans se rendre compte qu’il va falloir vivre avec ce manque de présence humaine. Le temps s’étire, les saisons défilent, certaines plus difficiles que d’autres.

« Ils sont tous des rescapés de quelque chose, ils sont devenus les sentinelles vers autre chose. Ensemble ils essaient de recommencer une autre histoire. » (p.159)

Un roman dans la veine du « nature writing », sombre et lumineux, cru et poétique, où est jouée une nouvelle version du Robinson Crusoé de Daniel Defoe, une version plus actuelle, miroir de notre société. L’écriture de Sophie Divry est à couper le souffle et arrive à nous cueillir. Une belle ode à la puissance créatrice de la nature qui peu à peu reprend ses droits, et remet l’homme à sa juste place dans la complexité du vivant.

  • Trois fois la fin du monde, Sophie Divry, Éditions Noir sur Blanc, 16.00€
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« 37, étoiles filantes » de Jérôme Attal aux éditions Robert Laffont

A l’aube de la seconde guerre mondiale, le cercle littéraire et artistique parisien vit encore en toute insouciance. Tout commence avec Alberto Giacometti, sculpteur italien, qui se fait écraser le pied par une américaine au volant d’une américaine. Une fois à l’hôpital, il apprend que son ami Jean-Paul aurait dit à son propos : « Il lui est ENFIN arrivé quelque chose ! » Face à cet affront, le sculpteur n’a plus qu’un seul objectif : « casser la gueule à Jean-Paul Sartre » !

Véritable plongée dans les années folles, 37, étoiles filantes est aussi un roman très drôle ! L’auteur nous avait déjà conquis avec son roman L’appel de Portobello Road. Il signe ici un livre qui malgré son contexte historique, n’est pas sans faire écho à notre époque actuelle. Il le fait avec humour, subtilité et un sens de la réplique très théâtral.

  • 37, étoiles filantes, Jérôme Attal, Éditions Robert Laffont, 20€
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« Par les écrans du monde » de Fanny Taillandier aux éditions Seuil

Un homme laisse un message sur le répondeur de sa fille et son fils : « je vais bientôt mourir ». La fille travaille dans une compagnie d’assurance au World Trade Center. Le fils s’occupe de la sécurité à l’aéroport de Boston. Au même moment, un autre personnage entre en scène : il s’appelle Mohammed Atta, a 30 ans, est architecte égyptien et il prend le contrôle du Boeing 767…

Si Fanny Taillandier a fait le choix de faire appel au roman, c’est pour recentrer les événements du 11 septembre sur l’humain. En effet, nous avons vécu cette tragédie par le biais des écrans. Le roman de Fanny Taillandier existe pour replacer tout cela dans un contexte et tenter de comprendre comment cela a été vécu par les victimes, les gens mais aussi par ceux qui l’ont provoqué.

Un roman fort qui fait réfléchir sur l’impact du petit écran, sur ce qu’il montre et sur ce qu’il cache, sur la remise en contexte de ce qu’on nous présente comme des faits.

  • Par les écrans du monde, Fanny Taillandier, Éditions Seuil, 18.50€
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