Archives pour la catégorie Roman

L’amour est une maladie ordinaire de François Szabowski aux éditions Le Tripode


Roman délirant et à l’humour grinçant (qui peut rappeler par quelques aspects celui de Pierre Raufast), L’amour est une maladie ordinaire est une découverte très appréciée par l’ensemble de vos libraires de caractère !

François vit une histoire d’amour passionnée avec sa chère et tendre. Seulement voilà, il est persuadée que cette relation est à son apogée et donc qu’elle est vouée à décliner. Pour sauvegarder cet amour, il va donc… tenter de se suicider afin de le rendre éternel ! Cette tentative s’avérera infructueuse mais notre protagoniste fou n’abandonnera pas tout à fait son projet puisqu’à défaut de mourir, il fera alors croire à sa mort… Cet événement rocambolesque est  le point de départ d’une aventure absurde, cruelle et délirante très bien servie par ce personnage principal à la fois effrayant et touchant.

« En France, je trouve que l’humour n’est pas très pris au sérieux […] Je pense que c’est se mentir que de penser que le monde tourne autour d’autre chose que l’amour.  » François Szabowski

François Szabowski sera présent à la librairie le samedi 25 novembre 2017 ! N’hésitez pas à faire venir dédicacer votre exemplaire de L’amour est une maladie ordinaire et à rencontrer son auteur.

  • L’amour est une maladie ordinaire, François Szabowski, Éditions Le Tripode, 17€
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Point Cardinal de Léonor De Récondo : Un homme e(s)t une femme

Sur le parking d’un supermarché de province Mathilda monte dans sa voiture. Commence alors un étrange effeuillage : elle se démaquille – en utilisant une quantité non négligeable de coton – puis vient le moment d’enlever ses faux-cils, sa perruque, sa robe de soie ; ses bas glissent sur ses chevilles… À présent nue, Mathilda re/devient Laurent.

Depuis toujours, Laurent sait que ce qu’il ressent au plus profond de lui n’est pas en adéquation avec ce corps de garçon puis, les années passant, avec ce corps d’homme. Pourtant, si se travestir lui offre quelques heures de liberté, il comprend assez vite que la part de féminin en lui ne cesse d’enfler, ne demande qu’à sortir. Il n’en a jamais parlé, encore moins à sa femme Solange et ses deux enfants mais, un beau jour, Laurent n’aura d’autres choix que de faire face à sa propre vérité.

« Mais il y a autre chose que je veux que vous sachiez. Une chose dont je n’ai jamais douté. Si je ne me suis jamais senti homme, je me suis toujours senti père. » (p.103)

S’affranchir des règles, des « qu’en dira-t-on » et s’accepter tel que l’on est voilà ce que nous propose Léonor des Récondo dans ce roman. En jouant habilement avec cette notion de point cardinal, l’auteure amène cette question sous-jacente : Comment savoir où on va quand on ne sait pas qui on est vraiment, quand on n’est pas en phase avec soi-même ? Un roman émouvant qui évoque, avec finesse et sensibilité, le mystère de l’identité et la tolérance face au thème qu’est le transgenre.

  • Point Cardinal, Léonor de Récondo, Éditions Sabine Wespieser, 20.00€
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Dans le désert de Julien Blanc-Gras aux éditions Diable Vauvert

Après être allé aux  îles Kiribati dans Paradis (avant Liquidation), fait un détour en Paternité avec In Utero et plus récemment rencontré les inuits dans Briser la Glace, Julien Blanc-Gras nous emmène cette fois-ci au Moyen-Orient avec son dernier livre nommé sobrement Dans le désert.

Comme toujours, Julien Blanc-Gras voyage avec pour objectif de rencontrer les gens, de redonner foi en l’humanité et de mettre en avant les vertus du voyage.

« Désormais, je me déplace moins pour m’emplir d’expériences que pour entretenir un espoir : ce qui rapproche les hommes est plus fort que ce qui les sépare. »

Dans ce livre, l’auteur nous propose de découvrir le Qatar, Dubaï, les Emirats Arabes Unis. Des pays dont nous n’avons finalement qu’une vision très partielle. Julien Blanc-Gras nous montre dans cet ouvrage la diversité de la culture arabe et ses différents niveaux d’hospitalité toujours avec l’humour et l’humanité qui le caractérisent.

  • Dans le désert, Julien Blanc-Gras, Éditions Au Diable Vauvert, 15€
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Made in China de Jean-Philippe Toussaint aux Editions de Minuit

Jean-Philippe Toussaint est Belge, écrivain, cinéaste et a fait de nombreux voyages en Chine. A l’origine de ceux-ci, il y a Chen Tong son éditeur chinois… et homme à tout faire !

Chen Tong collectionne en effet les différentes casquettes : éditeur, libraire, artiste, commissaire d’exposition et professeur aux Beaux-arts. Il aidera Jean-Philippe Toussaint durant toutes les années 2000 à trouver décors, acteurs et autres excentricités du réalisateur pour ses films relevant du cinéma expérimental. L’auteur/réalisateur se concentre ici plus sur la réalisation de son film The Honey Dress réalisé en 2014 mais fait de nombreux retours dans le temps pour nous présenter personnages, lieux et situations atypiques propres à ce milieu. Ce livre est également l’occasion pour l’auteur de réfléchir à l’irruption du hasard dans la création artistique et de s’appuyer notamment sur ses propres expériences dans le domaine.

Made in China est un livre tout à fait étonnant comme on en trouve beaucoup aux éditions de Minuit. Un livre hybride entre essai, journal et roman qui est de plus l’occasion d’un étrange voyage en Chine et dans le monde de l’art contemporain.

  • Made in China, Jean-Philippe Toussaint, Les Editions de Minuit, 15€
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La beauté des jours de Claudie Gallay, éditions Actes Sud

Après « Les déferlantes », roman remarqué et récompensé, après l’hivernal et patient « Une part de ciel », Claudie Gallay revient avec « La beauté des jours ». Le lecteur retrouve son écriture lente, ciselée et minutieuse et plonge dans la simplicité du quotidien rassurant de Jeanne.

Quarantenaire calme et sensible, Jeanne vit entourée d’un mari attentionné et de leurs deux filles, jeunes étudiantes bien dans leur peau. Elle  a un métier stable et une jolie petite maison. Elle aime sa vie, son bonheur tranquille et ce petit monde qui est le sien. Mais au détour des années qui passent, des événements et des rencontres, elle sent poindre une irrésistible envie de liberté, d’imprévisible et d’audace.

A travers le portrait de cette femme attachante et lumineuse, Claudie Gallay livre un roman d’atmosphère qui pose la question des chemins que l’on décide d’emprunter ou non et de ces choix qui font nos vie. Un roman qui ravira les inconditionnels(elles) de cette auteure fidèle aux éditions Actes Sud.

  • La beauté des jours, Claudie Gallay, Éditions Actes Sud, 22.00€
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Et soudain, la liberté d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent aux éditions Les Escales

Ce livre est avant tout celui d’une rencontre entre deux femmes. L’une est éditrice et se nomme Caroline Laurent tandis que l’autre a eu une vie digne d’un roman et se nomme Evelyne Pisier.

Evelyne Pisier est née en Indochine, a eu un père colonialiste, pétainiste et antisémite. Elle a vécu en Asie et survécu à la Seconde Guerre Mondiale dans un camp de concentration tenu par les Japonais. Elle a eu une mère révolutionnaire et féministe avant l’heure. Elle a été l’amante de Fidel Castro au cours des années 60. Elle a défendu les droits des femmes toute sa vie et a même joué un rôle dans la mise en place du prix unique du livre en France dans les années 80.

Caroline Laurent, elle, est une jeune éditrice qui n’a pas encore trente ans mais dont la rencontre avec Evelyne Pisier a été une véritable révélation. Ensemble, elles se sont mises d’accord sur le fait de transformer les mémoires d’Evelyne en fiction. Cependant en février 2017, Evelyne Pisier alors très malade demande à son mari : « S’il m’arrive quoi que ce soit, promets-moi de terminer le livre avec Caroline. » À sa mort, Caroline Laurent est dévastée mais décide de respecter les dernières volontés de son amie et écrit l’histoire de Lucie et Mona – les alter-ego d’Evelyne Pisier et de sa mère.

Mais la jeune éditrice/auteure ne s’arrête pas là et ponctue son récit de quelques chapitres courts où elle nous parle de l’histoire de ce livre et de sa rencontre avec Evelyne Pisier. Elle nous parle de ses doutes, des changements qu’elle effectue entre la réalité et la fiction, de son rôle d’éditrice ou tout simplement de son rôle de femme dans notre société d’aujourd’hui et comment il peut faire écho à celui qu’a eu Evelyne.

Un roman fort, révolté, engagé, comme une saga familiale qui traverse une bonne part du 20ème siècle. Qu’on le lise pour le récit fort et vrai de ces femmes, par féminisme, pour l’aspect historique ou pour le côté méta-fictionnel du livre : il FAUT lire Et soudain, la liberté car c’est une des perles de cette rentrée littéraire 2017 !

  • Et soudain, la liberté, Evelyne Pisier & Caroline Laurent, Editions Les Escales, 20€
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Femme à la mobylette de Jean-Luc Seigle, éditions Flammarion

Après « En vieillissant les hommes pleurent » et « Je vous écris dans le noir », Jean-Luc Seigle revient avec un roman émouvant et puissant. Il nous raconte avec une incroyable justesse la vie de Reine, femme abandonnée de tous avec ses trois enfants.

Quand son mari la quitte, elle tombe dans l’infernale descente sociale. Sans travail, sans argent, elle pense au pire pour que tout s’arrête. Mais quand elle n’y croit plus, son salut vient d’une vieille mobylette qu’elle retrouve au fond du petit jardin abandonné. La vie de Reine redémarre, elle retrouve espoir et confiance, elle trouve un travail et l’énergie de continuer à se battre sans relâche pour la garde de ses enfants. Jusqu’où l’emmènera sa mobylette providentielle ?

Jean-Luc Seigle écrit le portrait d’une femme d’une force et d’un courage inouïs et d’une dignité bouleversante. Jusqu’à la dernière ligne, on vit aux côtés de Reine, on l’admire, on la soutient, on traverse tout. Reine est comme un éclair de lumière dans la noirceur d’un quotidien. Elle nous touche et nous émeut. Une lecture très forte.

Femme à la mobylette, Jean-Luc Seigle, Éditions Flammarion, 19.00€

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Le Courage qu’il faut aux rivières, Emmanuelle Favier, éd. Albin Michel

Un village au cœur des Balkans. Pour échapper à un mariage forcé, Manusche – encore jeune adolescente – fait vœu de virginité. Se faisant, elle accède au cercle des vierges jurées : elle se voit obtenir les mêmes droits qu’un homme ainsi que le respect de tous.  Si ce statut particulier lui a permis de vivre plusieurs années dans une relative quiétude, l’arrivée dans le village d’un étranger aussi énigmatique que séduisant va pourtant mettre à mal sa promesse et faire jaillir en elle une féminité depuis trop longtemps endormie.

Au fil des pages, la vie de Manusche et du fameux Adrian se dévoile et rend plus que palpable le courage de ces femmes qui ont décidé de renoncer à leur condition pour diverses raisons.

Un premier roman touchant, sensuel proposant une véritable réflexion sur le genre avec, en fond, cette question : Qui sommes-nous vraiment ?

Mots-clés : Balkans, vierges jurées, féminité, sensualité.

 

  • Le Courage qu’il faut aux rivières, Emmanuelle Favier, Éditions Albin Michel, 17.00€
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Underground Railroad de Colson Whitehead

Géorgie, avant la guerre de Sécession. Cora, seize ans, n’a pas choisi le milieu dans lequel elle vit, la couleur de sa peau l’a fait pour elle. Comme un fardeau qui se transmettrait de génération en génération depuis l’enlèvement de sa grand-mère à son Afrique natale, Cora est condamnée au statut d’esclave et doit survivre comme elle peut à la violence de sa condition. La rudesse du travail dans la plantation de coton, l’absence total d’avenir et les coups souvent aléatoires sont son lot quotidien. Pourtant lorsque Caesar, nouveau venu dans la plantation, lui proposera de s’enfuir – chose quasi impossible – toutes ses certitudes seront bousculées. Aura-t-elle le courage de prendre en main son avenir et par la même occasion sa liberté, comme l’a fait sa mère avant elle ?

« C’était la grand-mère de Cora qui parlait à travers elle, ce dimanche soir où Caesar mentionna le chemin de fer clandestin, l’Underground Railroad, et où elle dit non. Trois semaines plus tard, elle dit oui. Cette fois c’était la voix de sa mère. » (p.18)

S’engage alors pour eux un long et pénible voyage à travers les États-Unis – traversée d’autant plus périlleuse qu’ils seront traqués sans relâche par un impitoyable chasseur d’esclaves. De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par la Caroline du Nord ou encore le Tennessee, chaque étape révèlera un Etat avec une conception du racisme et de la liberté différente. Cette fuite vers les États libres du Nord sera rendue possible grâce à l’Underground Railroad (littéralement chemin de fer souterrain), réseau clandestin de passeurs abolitionnistes permettant aux esclaves noirs américains de se réfugier plus au Nord.

« La plupart des gens croient que c’est une image, une figure de style, dit-il. Le fameux chemin de fer souterrain. Mais je n’ai jamais été dupe. Le secret est sous nos pieds, depuis le début. On va tous les débusquer à partir de ce soir. Chaque ligne, chaque agent. » (p.391)

La prouesse de Colson Whitehead vient ici dans la matérialisation de l’Underground Railroad sous la forme d’un véritable réseau ferré souterrain. Avec Underground Railroad, Colson Whitehead signe un livre politique à la fois sombre, puissant mais nécessaire avec une vraie réflexion sur les fondements du racisme aux États-Unis. Nul doute que ce roman saura s’inscrire dans l’Histoire du pays et aura un impact bien au-delà car il pose la question essentielle de la place de l’homme noir dans la société d’hier et d’aujourd’hui.

  • Underground Railroad, Colson Whitehead, Éditions Albin Michel, 22.90€
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Comment j’ai rencontré les poissons d’Ota Pavel aux éditions Do

« Ce livre, je l’ai déjà offert à vingt-quatre personnes. Parmi lesquelles un policier, une femme de ménage, une enseignante […] Tous ont été sous le choc. « Oui, c’est le bouquin le plus antidépressif du monde », ont-ils déclaré, confirmant ainsi mon avis… » [Extrait de la préface de Mariusz Szczygiel, traduite par Margot Carlier].

Comment j’ai rencontré les poissons, classique de la littérature tchèque enfin traduit en France et autobiographique, offre une large rétrospective de l’enfance de Léo Popper, grand, sinon, premier admirateur d’un père extravagant mais ô combien pugnace. Par le biais d’histoires aussi rocambolesques que savoureuses, il est question de l’hommage d’un jeune garçon à ce père capable de vendre un aspirateur dans un village dépourvu d’électricité mais qui ne lâchera rien lorsque les SS voudront s’emparer de son étang, à lui le Juif.

Tel un étang, amusons-nous à dire que le roman d’Ota Pavel est poissonneux : vous y rencontrerez des brochets, des carpes, des truites, des anguilles mais aussi des barbeaux, des gardons et des vandoises. Cet amour incommensurable pour la pêche, le père Popper s’est fait un plaisir de le transmettre à ses trois fils (dont notre cher Léo) et aura, à bien des égards, un caractère salutaire, salvateur presque.

Comment j’ai rencontré les poissons ne pourra en aucun cas vous laisser de marbre. S’il a l’audace de vous faire rire avec ses anecdotes croustillantes et ses personnages farfelus, il saura également vous toucher en plein cœur. Au-delà de cette passion pour la pêche quasi contagieuse, on y parle de l’enfance, de la famille, des souvenirs, de la vie, surtout de la vie à une époque où il n’était pas bon d’être juif.

  • Comment j’ai rencontré les poissons, Ota Pavel, Éditions Do, 20€
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