Tous les articles par Virginie

Le lutin bleu de Janik Coat et Bernard Duisit aux éditions Hélium

On les appelle pop-up, livres animés ou livres à système. Ils sont magiques, époustouflants et enchanteurs. Ils prennent vie au fil des pages et développent des volumes et des mises en mouvement grâce à des systèmes et des mécanismes ingénieux. Le travail qui se cache derrière ces livres extraordinaires est celui de l’ingénieur papier. Le génial Bernard Duisit exerce cette profession-passion avec un talent qui fait de lui un magicien du papier.

Il a ainsi notamment co-signé le magnifique pop-up du Petit Prince aux éditions Gallimard. Il réalise également des pop-up craquants et colorés aux excellentes éditions Hélium. Il a par exemple collaboré au pop-up 10 P’tits Pingouins de Jean-Luc Fromental et Joëlle Jolivet. C’est également lui qui se cache derrière l’ingénierie de la collection “Un pop-up pour les petits” avec notamment Ça dépend, Tu fais quoi ?, Comment tu dors. Il forme aussi un excellent duo avec la talentueuse Janik Coat et après Le cube rouge, ils reviennent ensemble avec Le Lutin Bleu et c’est encore très réussi !

Dans ce très beau pop-up, nous rencontrons  l’ours Bernie qui ne retrouve plus le chemin de sa grotte. Soudain, comme par magie,  surgit un lutin bleu qui lui indiquera la direction à suivre. Suivant ces conseils, notre cher ours empruntera la folle Clairière remplie de farfadets polyglottes, nagera dans la Rivière des sirènes et traversera le Monde à l’envers où tout est sens dessus dessous. Rassurez-vous, Bernie finit par retrouver sa grotte, toute cette aventure n’était qu’un rêve ! Mais en êtes vous bien sûrs ? demande le lutin bleu caché à la dernière page…

Ce tout nouveau pop-up est éclatant de couleurs, un brin psychédélique et riche de mille détails à découvrir. Chaque double page offre un décor aux découpes et aux volumes qui laissent le lecteur étonné et admiratif. Le lutin bleu est un malicieux enchantement à découvrir sans plus attendre et surtout sans limite d’âge ! Il ne reste plus qu’à vous souhaiter une très belle promenade en compagnie de Bernie, du Lutin bleu et des petits farfadets aux bonnets rouges…

  • Le lutin Bleu, Janik Coat et Bernard Duisit , Éditions Hélium, 14.90€
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Ce que j’aime vraiment, Astrid Desbordes et Pauline Martin, éditions Albin Michel jeunesse

Astrid Desbordes et Pauline Martin forment décidément un talentueux duo ! La douceur et la justesse des textes de la première portées par les délicates illustrations de la seconde nous offrent des albums devenus tout simplement incontournables. Au fil des titres, leur adorable petit Archibald apprend à grandir tout doucement. Dans Mon Amour, l’amour inconditionnel de ses parents accompagne ses premiers pas dans la vie et pour toute la vie. Dans Un amour de petite sœur, après la crainte d’être moins aimé, Archibald finira par déclarer que ce qu’il préfère avec sa petite sœur, c’est être son grand frère ! Dans Ce que Papa m’a dit, Archibald apprend que l’on peut aller loin dans la vie (et même plus loin encore ) mais que l’on a toute la vie pour cela. Il apprivoise la vie chaque jour davantage et un peu plus à chaque album. Il revient pour notre plus grande joie avec Ce que j’aime vraiment. Dans ce tout nouvel album, Archibald a perdu son match et il ne se sent pas doué du tout. Sa maman l’emmène se promener. Elle lui demande si l’oiseau n’est pas doué parce qu’il ne sait pas nager, si le papillon n’est pas doué parce qu’il ne sait pas chanter, et ainsi de suite… Au fil des pages, Archibald reprend confiance en lui. Certains jours Archibald s’est senti découragé mais ses parents et même sa petite sœur n’ont jamais douté. Archibald comprend qu’il ne peut pas tout réussir mais que s’il trouve ce qui est important pour lui, ce qu’il aime vraiment, il le réussira.
Cet album est encore une fois très réussi, très juste et très réconfortant pour les enfants. Ce que j’aime vraiment est à déposer entre toutes les mains de nos petits pour les aider chaque jour à se construire et à avoir confiance en eux pour découvrir et cultiver le talent que chacun porte en lui.

  • Ce que j’aime vraiment, Astrid Desbordes et Pauline Martin, Éditions Albin Michel Jeunesse, 9.90€
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Ör de Audur Ava Olafsdóttir, éditions Zulma

La romancière islandaise Audur Ava Olafsdóttir revient avec un magnifique cinquième roman traduit et publié aux si belles éditions Zulma. Son titre Ör signifie « cicatrices » et selon son auteur, « ce mot n’est ni féminin, ni masculin mais d’un troisième genre qu’on appelle neutre. Ör est identique au singulier et au pluriel. Le terme s’applique au corps humain, mais aussi à un pays, ou un paysage, malmené par la construction d’un barrage ou par une guerre. Nous sommes tous porteurs d’une cicatrice à la naissance et au fil des années s’y ajoutent d’autres cicatrices ». Le héros de Ör s’appelle Jónas , la vie lui a laissé nombre de blessures.  Elles lui font perdre l’équilibre et l’envie de continuer à vivre. Il décide de partir, loin de sa mère, de son ex-femme, de sa fille, avec pour uniques bagages sa caisse à outils et sa perceuse. C’est dans un pays meurtri par la guerre qu’il posera sa vie. Comme dans chacun de ses romans Audur Ava Olafsdóttir sait faire d’une situation désespérée une histoire lumineuse, délicate et profondément humaine. On  referme Ör avec le courage et l’irrésistible volonté de panser les blessures de chacun, de reconstruire un monde en miettes et de faire la paix. Ce roman est un bouleversement, un enchantement, un miracle. Le plus prestigieux prix littéraire d’Islande lui a été décerné. Audur Ava Olafsdóttir a ce talent de semer un peu de magie islandaise dans ses romans avec une simplicité et une délicatesse exceptionnelles.

  • Ör, Audur Ava Olafsdóttir, Éditions Zulma, 19.00€
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La fonte des glaces de Joël Baqué, éditions P.O.L

La fonte des glaces ou comment le manchot empereur fait irruption dans la vie d’un vieux veuf un peu taciturne. Quand il se prend par hasard d’affection pour l’animal, Louis ne soupçonne pas que ce sera le début d’une aventure improbable qui le mènera aux pieds des icebergs, endossant le rôle d’un activiste de la cause écologique. Si ce roman séduit par son côté décalé, son humour et ses situations cocasses, il révèle aussi des aspects plus profonds et sérieux qui donneront à la lecture une émotion toute particulière. Un conseil: emmitouflez-vous bien et laissez-vous embarquer aux côtés de Louis et de sa « Dream Team » de manchots. Bon voyage !

  • La fonte des glaces, Joël Baquet, Éditions P.O.L, 17.00€
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Jeu Blanc de Richard Wagamese, éditions Zoé

Après le sublime Les étoiles s’éteignent à l’aube, les éditions Zoé nous offrent un nouveau roman bouleversant de Richard Wagamese. Dans Jeu blanc, on retrouve cet attachement à la culture indienne Ojibwé intrinsèquement fondée sur la symbiose avec la nature et la richesse des croyances spirituelles. Malheureusement dans les années 60 au Canada, il est presque impossible de perpétrer cet art de vivre et cette identité si précieuse. C’est ainsi que Richard Wagamese nous raconte la vie de Saul (le sienne peut-être aussi), jeune indien séparé de sa famille et placé dans une institution où « les blancs » s’emploieront à le dépouiller de la plus infime trace de sa culture. Saul subira le racisme et l’exclusion mais ses aptitudes au hockey sur glace, sa volonté et le soutien de certains, lui ouvriront des possibles inespérés. Sa crosse de hockey et son talent suffiront-ils à faire tomber les discriminations terriblement ancrées et lui donneront-ils le courage suffisant de toujours tenir debout, fier de son identité? Le portrait et la vie de Saul sont bouleversants et posent avec courage et émotion la question de l’intégration des minorités et du racisme. Jeu blanc est un roman lumineux et nécessaire. Richard Wagamese est malheureusement décédé trop tôt (au printemps 2017) et le plus bel hommage que l’on puisse lui rendre est de se plonger dans la lecture de ses romans d’une humanité et d’une humilité rares.

  • Jeu blanc, Richard Wagamese , Éditions Zoé, 20.90€
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Pourquoi les oiseaux meurent de Victor Pouchet, Editions Finitude

Une magnifique planche de sciences naturelles dessinée par Adolphe Millot en guise de couverture, un étonnant premier roman pour Victor Pouchet, jeune agrégé de lettres enseignant en classes préparatoires, une maison d’édition audacieuse, Finitude, qui sait dénicher des écrivains de talent, croire en eux et les emmener très loin. Après le succès incontesté d’Olivier Bourdeaut et de son aujourd’hui célèbre En attendant Bojangles, les éditions Finitude font le brillant pari de Pourquoi les oiseaux meurent et c’est encore réussi !

Avec certainement un brin d’auto-fiction, Victor Pouchet nous emmène dans les pas d’un jeune universitaire un peu perdu dans les méandres de sa thèse et dans sa vie d’adulte débutant. Ce n’est pas de son sujet d’étude dont il va être question ici mais d’un fait divers mystérieux dont tout le monde se fiche royalement : il pleut des oiseaux morts en Normandie, à Bonsecours, petite ville où le narrateur a grandi et où vit son père dont il a peu de nouvelles. Il a alors une seule idée en tête, celle de mener l’enquête sur ce mystère ornithologique. Il décide de remonter la seine de Paris à Honfleur en embarquant à bord d’un bateau de croisière sur lequel il rencontre plus de retraités que d’étudiants… C’est le début d’un voyage marginal et initiatique, intriguant et inquiétant, loufoque et poétique avec des questions qui restent sans réponses et des réponses qui n’avaient pas de question. Le résultat, porté par une écriture élégante et pleine d’humour, est simplement jubilatoire.

Victor Pouchet-auteur ou Victor Pouchet-narrateur, les deux sont séduisants, drôles, brillants et attachants et très certainement incollables sur les oiseaux ! Pourquoi les oiseaux meurent ou comment une belle plume (sans jeu de mot facile) vous ouvre les bras d’un avenir littéraire prometteur. Bravo Monsieur Pouchet !

  • Pourquoi les oiseaux meurent, Victor Pouchet, Éditions Finitude, 16.50€
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Ma reine de Jean-Baptiste ANDREA, éditions L’Iconoclaste

Au mois de mai dernier, la maison d’édition l’Iconoclaste présente sa rentrée littéraire aux libraires. Une rentrée puissante et touchante avec les plumes connues et reconnues de Valentine Goby, Timothée de Fombelle et Christian Bobin, rien que ça.

Et puis il y a ce nom, celui de Jean-Baptiste Andrea, réalisateur et scénariste pour le cinéma. Il y a son premier roman Ma Reine. Jean-Baptiste Andrea est présent ce jour là, il lit un extrait de son livre et la magie opère. Vous sentez qu’il se passe quelque chose, déjà vous êtes touché. Vous attendez le moment où vous pourrez plonger dans cette lecture. La réunion de présentation se poursuit, les échanges sont simples, chaleureux et prometteurs.

L’heure des aurevoirs arrive et l’éditeur attentionné vous offre un petit sac en kraft sur lequel on peut lire « J’ai des livres à l’intérieur ». Vous regardez rapidement dans votre précieux sac, les quatre livres sont là et vous comprenez que vous allez pouvoir lire Ma Reine en avant première. (Neverland de Timothée de Fombelle est là aussi mais ça c’est une autre histoire, à suivre elle aussi…).

Le soir même vous commencez Ma Reine, le soir même vous l’avez dévoré. Le lendemain il vous parle, vous émeut et vous bouleverse encore. Ce sentiment vous poursuit le surlendemain, la semaine suivante,  les personnages ne vous quittent plus. Vous savez alors que ce livre vous l’aimez, que vous allez le porter, le faire découvrir, le faire aimer.

Ma Reine c’est une histoire d’enfants loin du monde des adultes. C’est l’histoire d’un garçon un peu différent et d’une fille un peu mystérieuse. Elle sera sa reine, il goûtera à tous les bonheurs aussi intenses ou infimes soient-ils. Ma Reine c’est une insouciante quête d’absolu. C’est, comme le dit son éditeur, une ode à la liberté, à l’imaginaire, à la différence. Jean-Baptiste Andrea signe un conte initiatique tendre et fulgurant.

Ce premier roman semble promis à un destin que son auteur n’avait peut-être pas osé imaginer. Ma Reine se retrouve notamment en lice pour le Grand Prix du Roman de l’Académie Française, le Prix Femina, le Prix Jean Giono, le Grand prix des lectrices de ELLE, et d’autres encore.

Jean Baptiste Andrea sera à la librairie le samedi 14 octobre de 10h30 à 13h30 et parlera de son roman mieux que quiconque. Incontournable.

  • Ma reine, Jean-Baptiste Andrea, Éditions L’Iconoclaste, 17.00€
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Limace de Géraldine Collet et Olivia Cosneau, éditions Sarbacane

Franchement, vous trouvez-ça comment une limace ? C’est quand même plutôt moche et mou voire gluant voire même dégoûtant. Mais avec Géraldine Collet et Olivia Cosneau, une limace, c’est surtout pas méchant du tout. C’est plein de couleurs et de pois qui éclatent avec des  flips et des flaps qui se soulèvent à chaque page. Il faut découvrir ce livre génial et très beau avec vos tout-petits et vous finirez vraiment par aimer les limaces. Promis, une limace ça parle pas, c’est déjà ça de gagné !

  • Limace, Géraldine Collet et Olivia Cosneau, Éditions Sarbacane, 12.00€
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Jo le très vilain petit canard de Catharina Valckx, Ecole des Loisirs

Nous ne saurons jamais prononcer le nom de Catharina Valckx mais cela ne nous empêchera pas d’aimer beaucoup, beaucoup (et même plus encore) tous ses albums. « Haut les pattes » ou « La fête de Billy »,  pour ne citer que ces deux là, c’est elle !  Aujourd’hui  c’est Jo le petit canard qui nous fait beaucoup rire mais chut c’est pas drôle… Jo en a plus qu’assez d’être mignon mais alors vraiment plus qu’assez. C’est donc décidé, à partir de maintenant il sera très vilain ! Mais pas si facile d’être vilain, il est tellement mignon Jo.  A lire pour rire dès 3-4 ans et pendant longtemps.

  • Jo le très vilain petit canard, Catharina Valckx, École des loisirs, 10.50€
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Le journal de Gurty, Marrons à gogo de Bertrand Santini, Editions Sarbacane

Mais ce ne serait pas le nouveau Gurty caché dans les marrons ??

Vue la tête d’Apple, c’est bien ça : le nouveau Gurty est arrivé !!  Yahouuuuu !

Le bonheur : le sourire et la langue qui dépasse… C’est l’effet Gurty !

Il ne reste qu’à l’embarquer pour le lire bien tranquille dans l’herbe et se poiler en retrouvant Gurty, Fleur, Tête de fesse, L’écureuil qui fait hihi et tous les autres !

Alors là ça va péter, non mais on rêve ! Qui l’avait trouvé en premier ???

Ah, c’est quand même plus sympa comme ça !

Personne de résiste à Gurty ! C’est parti pour des pages de bêtises et de délires. Fous rires garantis au milieu des marrons, c’est de saison ! Pour les enfants et les toutous dès 7 ans.

  • Le journal de Gurty, marrons à gogo, Bertrand Santini, Éditions Sarbacane, 9.90€
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